« Nous appelons les autorités de Pékin à libérer immédiatement Jimmy Lai [黎智英] et à cesser d’instrumentaliser le système judiciaire à des fins de persécution politique », a déclaré le président Lai Ching-te [賴清德] dans un message posté le 10 février, au lendemain de la condamnation, à Hongkong, du fondateur du quotidien Apple Daily à 20 ans de prison sur la base de la loi hongkongaise sur la sécurité nationale.
Ce verdict prouve une fois de plus que la formule « un pays, deux systèmes » avancée par Pékin est désormais lettre morte et que le pouvoir judiciaire est devenu un instrument de privation des libertés individuelles et de répression de la liberté d’expression et de la presse, estime le chef de l’Etat, en appelant la communauté internationale à rester vigilante face aux conséquences, pour les droits humains universels, de l’expansion des régimes autoritaires.
Dans un communiqué publié le 10 février, le ministère des Affaires étrangères constate que les gouvernements et divers secteurs des Etats-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, du Canada, de l’Australie et d’autres pays, ainsi que les Nations Unies, l’Union européenne et de nombreuses organisations internationales de défense des droits humains, ont eux aussi exprimé leur vive préoccupation face à cette décision judiciaire.
Dès le 9 février, le ministère des Affaires continentales avait lui aussi exigé la libération immédiate de Jimmy Lai. Dans un communiqué, il condamne fermement le Parti communiste chinois (PCC) et le gouvernement de Hongkong pour avoir instrumentalisé la sécurité nationale à des fins de persécution politique.
« La lourde peine infligée à Jimmy Lai en vertu de la loi hongkongaise sur la sécurité nationale non seulement le prive de sa liberté individuelle et bafoue la liberté d’expression et de la presse, mais entrave aussi le droit fondamental du peuple à demander des comptes au parti au pouvoir, souligne le communiqué du ministère des Affaires continentales. Cette affaire confirme également que, sous la formule « un pays, deux systèmes » avancée par le PCC, les libertés et les droits promis au peuple hongkongais par la Loi fondamentale sont vidés de leur sens, et que le pouvoir judiciaire est devenu un instrument de répression politique et d’élimination de la dissidence, ajoute-t-il.
Il ne s’agit pas d’un événement isolé ni limité à Hongkong, mais d’un signe avant-coureur de l’exportation accélérée de l’autoritarisme par le PCC, alerte le ministère des Affaires continentales. Celui-ci rappelle au peuple taïwanais de tirer les leçons de la douloureuse expérience de Hongkong et de préserver sa liberté chèrement acquise.
Comme le président Lai Ching-te et le ministère des Affaires étrangères, le ministère des Affaires continentales exhorte la communauté internationale à rester vigilante face à l’érosion des libertés et des droits de l’homme sous l’influence du PCC et à collaborer avec Taiwan pour défendre la liberté et de la démocratie.